Une usine se dressait autrefois au cœur de Lesquin, juste au nord de Lille, et elle a marqué à la fois l’industrie et la vie communautaire. Initialement connue sous le nom de Métallurgie Lilloise, elle a ensuite été intégrée au groupe belge Métallurgie Haine Saint-Pierre & Lesquin. Pendant des décennies, elle a symbolisé la puissance de la construction métallique de la région, employant des milliers de personnes et laissant des souvenirs durables. Didier Havez, qui a commencé comme électricien à 21 ans en 1971 et y a travaillé jusqu’à sa fermeture en 1985, fait partie de ceux qui s’en souviennent bien.
Un repère d’AG Metal et de solidarité industrielle
L’histoire de La Métal met en lumière tant les réussites techniques de la métallurgie française que les relations humaines nouées dans des conditions difficiles.
Une histoire de cœur, un devoir de mémoire en hommage aux ouvriers. C’était une évidence.
Didier Havez, ancien de La Métal pendant 14 ans
Production qualifiée et innovation
Havez travaillait en roulement dans une fonderie où régnaient fortes chaleurs, poussière et amiante. Malgré tout, La Métal était une source de fierté. À son apogée, l’usine employait plus de 3 000 personnes et constituait un site majeur d’AG Metal dans le nord de la France. Son implantation le long des voies de la SNCF la rendait idéale pour acheminer matières premières et produits finis. L’usine fabriquait des pièces en acier moulé de haute technologie telles que des chapes pour les infrastructures ferroviaires, des composants de concasseurs et des éléments de centrales nucléaires.
Fraternité et déclin
Le personnel reflétait la diversité de la région, avec des salariés provenant des communes voisines mais aussi du Maroc, d’Algérie et du Mali. Des liens solides de solidarité aidaient les travailleurs à surmonter les difficultés du quotidien. Cette fraternité fut un aspect déterminant de la période de Havez à La Métal.
Il régnait un véritable sentiment de fraternité. De nombreux Marocains, Algériens et Maliens nous ont rejoints ; tous des frères d’armes. L’entraide était la règle parmi les employés.
Didier Havez, ancien de La Métal pendant 14 ans
Des quotas et des restructurations furent instaurés au début des années 1980 en raison de la surproduction mondiale d’acier. Les nationalisations ralentirent peu la chute et l’emploi s’effondra. L’usine ferma en mai 1985. Le site fut ensuite transformé en établissement scolaire, logements et espace commercial, mais le récit de Havez et de ses collègues perpétue l’héritage de La Métal à Lesquin.